L'agglomération
d'Arçais ne s'est pas implantée sur une île
comme Irleau ou le Vanneau. Le village se trouvait en bordure
du Golfe des Pistons, à l'extrêmité ouest
d'une bande de terrain calcaire dont la base a été rongée
par les flots marins et découpée en petites anses.
C'est dans l'une de ces anses qu'Arçais s'est aménagée
un port. Il est possible d'imaginer ce qu'il fut à cette époque,
au lieu dit de Sainte-Sabine, du haut d'une bute encore existante.
Il faut bien se mettre en tête que l'ensemble de notre
région était entièrement recouverte par
la mer. C'est donc au fond de cette immense baie, non loin
de l'embouchure de la Sèvre Niortaise, que s'établit
Arçais.
Il porta plusieurs noms :
- Archaïcum en 1178
- Arcacum en 1223
- Arseum en 1300
pour aboutir à Arçay, qui devint définitivement
Arçais en 1882.
Le marais n'est pas arrivé à son état actuel tout naturellement.
Il aurait encore actuellement l'aspect d'un vaste marécage si l'homme
n'avait complété l'oeuvre de la nature à son profit. Au
XIe siècle, on cultivait déjà les parties les plus élevées. Les seigneurs,
comprenant alors la nécessité qu'il y avait de dessécher
ce marais improductif, en firent don d'une grande étendue aux abbayes
environnantes, lesquelles se groupèrent et formèrent des associations.
Les moines dessiccateurs, aidés bénévolement par les habitants
des paroisses, qui recevaient en échange, pour prix de leurs services,
une portion du marais ou certains droits de pacages, poursuivirent méthodiquement
leur oeuvre.
Cinq abbayes associées, celles de l'Absie, Saint-Maixent, Saint-Michel-en-l'Herm,
Maillezais et Nieuil-sur-l'Autize, creusèrent de nombreux canaux, dont
l'un qui se jette dans la Sèvre, à l'Anse du Braud, porte encore
le nom de "Canal des cinq Abbès".
Ces canaux, tout en dessèchant le marais, servirent aussi de voies de
communication. Au XIIIe siècle, les associations prirent fin et quelques
années plus tard, on récoltait sur les parties desséchées,
du foin, des fèves, etc... Malheureusement la guerre de cent ans amena
la ruine ; les écluses furent détruites et les canaux s'envasèrent.
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François 1er fit
effectuer plusieurs travaux entre la Vendée et le
canal de Luçon. Mais les guerres de religion vinrent
anéantir l'oeuvre accomplie. On coupait les digues
pour barrer par l'inondation la route à l'ennemi
; les travaux d'art furent ainsi détruits. Jusqu'au
règne d'Henri IV, les marais furent pour ainsi dire
improductifs.
Le roi de Navarre s'intéressa au dessèchement du marais poitevin
et à cet effet, se rendit à Marans d'où il écrivait
le 17 juin 1586, à sa maîtresse, la belle Corisandre d'Andouin "Ah
! que je vous y ai souhaitée ! C'est le lieu où, selon mon coeur,
je vous ai désirée. On s'y plait avec ceux que l'on aime et l'on
regrette une absence".
Ce n'est qu'en 1599, à la date du
8 avril, sous l'initiative de Sully, que paraît un édit qui
autorise le dessèchement de nos terrains boueux
et en confie le privilège à Humfroy Bradley, ingénieur
hollandais. Bradley fut nommé maître des digues du royaume,
mais prévoyant de grosses difficultés, il s'était
adjoint des associés. Il fit venir de nombreuses familles hollandaises
et eut à lutter contre la méfiance des ouvriers français.
Un souvenir nous reste encore de cette association : C'est le "canal
des hollandais".
Bradley mourut en 1639. Le 4 mai 1641, une nouvelle société fut
constituée.
Pierre Siette, ingénieur français qui avait la direction de l'entreprise,
commença ses travaux en 1643 et les termina en 1646. En trois années,
il fit creuser 75 kilomètres de canaux dans le bas marais. |
Sous Louis XIV, 1300 hectares furent encore
desséchés, mais rien
ne fut entrepris pendant le cours du XVIIIe siècle.
Bien que ces dessèchements successifs entrepris sur une assez grande échelle
aient produit d'incontestables résultats, c'est le décret impérial
de Napoléon 1er qui produisit des améliorations sérieuses
au régime de la Sèvre Niortaise, tant au point de vue de la navigation
que du dessèchement des terres encore marécageuses.
Le décret, signé à Bayonne le 29 mai 1808, contient surtout
des dispositions relatives à la navigation. Malheureusement, ce décret,
qui détermine la largeur à donner à la Sèvre dans
tout son parcours, c'est-à-dire de Niort à la mer, est muet sur
la profondeur. C'est peut-être à cause de cela qu'il n'y a pas eu
de suite immédiate ; à la chûte de l'empire, le décret
fut enfoui et oublié dans les cartons ministériels. La Restauration
ne fit rien pour le marais ; quelques projets étaient à l'étude,
mais les années s'écoulèrent sans apporter des résultats
pratiques. Après de longues années d'études, chargées
d'arrêtés administratifs, de rapports d'ingénieurs, etc...
un décret royal en date du 24 août 1833 indique les travaux à exécuter.
L'ordonnance du 24 août 1833 est le point de départ d'une véritable
révolution dans les moeurs des habitants et aussi dans la nature,
l'aspect et la valeur du sol.
C'est d'après ces ordonnances que se formèrent les sociétés
des "marais mouillés" par opposition aux marais desséchés.Les
propriétaires des marais mouillés groupés formèrent
trois sociétés syndicales : l'une pour les marais des Deux-Sèvres,
l'autre pour ceux de la Vendée, et la troisième pour ceux de la
Charente-Maritime. Pour se créer des ressources, ces sociétés
obtinrent le droit d'établir des contributions sur les propriétaires
intéressés à l'exécution des travaux nécessaires,
qui ne tardèrent pas à prendre de l'importance : élargissement
et approndissement du fossé du Loup ; redressement et élargissement
de la rivière de Béjou : creusement de la Grande Rigole de la Garette
qui était terminée en 1845 et de la rigole du Port Goron
; ouverture de la rigole du Mazeau, en 1859, etc...
En 1868, la Sèvre fut redressée, canalisée sur une certaine
partie de son cours, notamment entre Saint-Liguaire et Coulon. Entre la Sotterie
et les Bourdettes, 300 000 mètres cubes de terre et de sable ont été sortis
du lit de la Sèvre Niortaise en 1963.
Aujourd'hui, Arçais, bien que resté rural, a su se placer comme étant, à l'heure
actuelle, un pôle attractif de par la beauté de ses marais et
l'architecture de ses habitats pittoresques. Entretenu pour conserver son caractère
maraîchin, il attire aujourd'hui un grand nombre de visiteurs, sur ses
conches comme dans ses venelles empreintes d'un passé encore errant
!
Situé au coeur, de ce que des poètes charmeurs ont appelé, "La
Venise Verte", il compte à lui seul 40 kilomètres de canaux
navigables, pour une superficie de marais couvrant 1000 hectares (pour illustrer
cette dimension, les Marais Mouillés englobent 172 km de voies d'eau
praticables sur le domaine public).
Si nous avons choisi d'ouvrir ce site, c'est pour vous faire découvrir
une région superbe.
Considérée comme l'une des plus grandes zones humides d'Europe,
le Marais Poitevin demeure un espace d'intérêt écologique
majeur.
Ce territoire unique, façonné par
des générations de maraîchins, offre
le spectacle incessant de l' union de l'eau et de la
lumière.
Originaire de ce pays, "Qui ne ressemble à aucun autre", nous
vous invitons à venir le contempler, l'aimer et le protéger. |
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